E3 2019 : Ubisoft ne peut pas continuer à nier les déclarations politiques de ses jeux.

E3 2019 : Ubisoft ne peut pas continuer à nier les déclarations politiques de ses jeux.


Ghost Recon Breakpoint Delta Company créateurs de contenu communautaire E3 2019 Ubisoft

Le vice-président de l’éditorial d’Ubisoft, Tommy François, a profité de l’E3 2019 pour redoubler la position de l’entreprise selon laquelle elle ne mélange pas la politique avec les jeux. Dans une interview sur Inside Ubisoft, il a expliqué en détail comment la société utilise des jeux en monde ouvert avec des systèmes pour simuler des situations où les joueurs peuvent expérimenter toutes les perspectives qu’ils rencontreraient dans la vie réelle.

En réponse à la controverse de Far Cry 5, François a déclaré : « Nous pensons qu’en fin de compte, à l’avenir, les joueurs devraient pouvoir aller dans le monde du jeu, vivre autant d’expériences différentes qu’ils le souhaitent, connaître autant de points de vue politiques différents qu’ils le souhaitent, autant de religions qu’ils le souhaitent… autant de fantasmes différents qu’ils le souhaitent. »

Cette déclaration pourrait passer l’inspection si les jeux d’Ubisoft ne dépendaient pas de récits politiques. Mais c’est le cas. En fait, Ubisoft a l’habitude d’utiliser des événements, des lieux et une histoire du monde réel comme toile de fond pour ses jeux.

Far Cry, The Division, Assassin’s Creed et Watch Dogs ont tous fait, et continuent de faire, des déclarations politiques à travers leur gameplay. Dans Assassin’s Creed, nous voyons des assassins faire tomber des politiciens corrompus et aider les nécessiteux. Dans Watch Dogs, nous voyons un pirate informatique se battre contre le système d’exploitation central oppressif qui contrôle Chicago. Et dans The Division 2les agents luttent contre les criminels et les terroristes qui menacent l’ordre dans la capitale de notre pays.

Tous ces jeux montrent l’amour d’Ubisoft pour les thèmes politiques. À ce stade, c’est devenu un élément essentiel de leur marque. Pour une société qui se soucie tant de ne pas faire de déclarations politiques, elle semble en faire beaucoup. Cette tendance a persisté dans les avant-premières que nous avons vues lors de la conférence de presse d’Ubisoft à l’E3 cette année.

Si c’est politique, c’est une déclaration politique.

Le premier jeu que nous avons vu était un aperçu de Watch Dogs Legion. Clint Hocking, d’Ubisoft, a parlé de la situation du jeu à Londres et de l’influence de la ville sur la culture actuelle. L’exemple qu’il a utilisé – le Brexit – semblait étrangement, spécifiquement politique. Il n’a pas précisé ce que cela signifiait, mais on peut supposer que le dilemme politique actuel de Londres a été une source d’inspiration pour le jeu. Watch Dogs Legion. Ceci est encore validé par les messages sur le site officiel de la légion. Watch Dogs Legion site web. Une description du jeu indique : « Le destin de Londres repose sur vous. Recrutez une résistance et ripostez. »

The Division 2 Critique du jeu

Ubisoft s’inspire souvent de lieux et d’histoires historiques dans ses jeux. Watch Dogs Legion va un peu plus loin, en utilisant les événements actuels comme source de son histoire. Cette prémisse indique clairement de quel côté du combat vous vous situez et s’inscrit parfaitement dans le thème des jeux Ubisoft susmentionnés.

Si ce n’est pas une déclaration politique évidente, alors je ne sais pas ce que c’est.

Ghost Recon Blackpointun autre jeu de tir militaire à venir de la franchise Tom Clancy, fait sa propre déclaration. L’histoire est en grande partie un mystère, mais Ubisoft a présenté l’antagoniste Cole D. Walker. Au cours de la conférence, nous l’avons vu faire un discours d’encouragement à un groupe d’anciens agents de Ghost radicalisés appelé les Loups. Les Loups ont pris le contrôle d’Auroa, et en… Ghost Recon Blackpointvous serez confronté à eux. La raison de la défiance des Loups n’est pas encore claire, mais Ubisoft laisse entendre que la trahison de Walker est une partie importante de l’histoire du jeu.

Même sans contexte, il est clair que ces deux jeux sont centrés sur des groupes confrontés à une opposition politique dans leurs histoires respectives.

L’argument de François selon lequel offrir différentes perspectives empêche les jeux d’Ubisoft de faire des déclarations politiques se contredit lui-même. Souvent, nous ne vivons les histoires que d’un seul point de vue, et ce point de vue est un parti pris, qu’il veuille l’admettre ou non. Les messages politiques n’ont pas besoin d’être manifestes pour exister.

Il est étrange qu’Ubisoft ne veuille pas admettre ce qu’il fait déjà. La société elle-même est assez progressiste, menant des initiatives en matière d’accessibilité, de diversité et d’inclusion. C’est l’un des éditeurs qui n’a pas souffert de licenciements massifs dans les studios, et lors de la conférence de presse, nous avons vu plusieurs développeuses monter sur scène.

Ubisoft évite sur la pointe des pieds les messages évidents dans ses jeux. François a déclaré dans son interview que l’éditeur vise à créer des jeux plus matures et nuancés. Mais de nombreuses autres formes de médias abordent des thèmes sérieux et matures avec nuance tout en délivrant un message fort.

En fin de compte, la réticence à embrasser la politique n’équivaut pas à des jeux plus matures. En fait, ignorer ce qui est évident a l’effet inverse. Des histoires qui pourraient avoir un impact sont réduites à un divertissement frivole qui banalise les véritables luttes auxquelles les gens sont confrontés.

C’est une déclaration politique, qu’Ubisoft l’admette ou non.

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